Visite en Chine de M. Alain Juppé

Dans le cadre d’un déplacement sur le thème de l’environnement, Monsieur Alain JUPPE, maire de Bordeaux, ancien Premier Ministre, est en Chine du 24 au 26 janvier 2007, après une étape en Inde.

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Visite en Chine de M. Alain Juppé

Paru le : 25 janvier 2007 / Dernière mise à jour : 27 avril 2007
Dans le cadre d’un déplacement sur le thème de l’environnement, Monsieur Alain JUPPE, maire de Bordeaux, ancien Premier Ministre, est en Chine du 24 au 26 janvier 2007, après une étape en Inde.

M. JUPPE s’est rendu en Chine à l’invitation de l’Institut de politique étrangère du peuple chinois, afin de promouvoir la conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale "Citoyens de la terre", qui se tiendra à Paris les 2-3 février 2007 à l’invitation du Président de la République. En tant que Président du Comité d’honneur de la conférence, M. JUPPE fut reçu notamment par M. TANG Jiaxuan, Conseiller d’Etat en charge des affaires étrangères pour évoquer les grands enjeux mondiaux dans le domaine de l’environnement et le renforcement de la gouvernance internationale de l’environnement au travers de la création d’une Organisation des Nations Unies pour l’Environnement (ONUE).

Au cours de sa visite, M. JUPPE rencontra également les représentants d’entreprises françaises du secteur de l’environnement et des représentants d’ONG chinoises environnementales, avant de se rendre dans les locaux de l’Agence française de développement, pour une présentation de son action en Chine, centrée sur la lutte contre le changement climatique. 


Conférence de Paris sur l’environnement (2-3 février 2007)

Le Président de la République a annoncé, en septembre dernier, devant l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York :

« Chacun sait qu’une activité humaine non maîtrisée est en train de provoquer une sorte de lent suicide collectif. Seul le rassemblement des nations autour d’engagements consentis en commun permettra de prévenir un désastre. Créons l’Organisation des Nations unies pour l’environnement, conscience écologique du monde, lieu privilégié de notre action commune pour les générations futures. La France accueillera l’année prochaine, dans une conférence internationale, tous ceux qui veulent faire progresser ce projet capital pour l’avenir de la planète ». 

La Conférence de Paris sur l’environnement se tiendra les 2 et 3 février 2007, au lendemain de la réunion du groupe I du GIEC (données scientifiques du changement climatique), également à Paris. Elle réunira 150 hautes personnalités environ, originaires de toutes les régions du monde, scientifiques, économistes, chefs d’entreprises, dirigeants d’O.N.G., personnalités médiatiques, membres de gouvernement et responsables d’organisations internationales, partageant un engagement personnel pour l’environnement et ayant montré leur détermination à agir. Cette composition variée, ouverte, internationale témoigne que seul un effort conjugué de tous permettra de changer les mentalités et les modes de production et de consommation.

Un comité d’honneur présidé par M. Alain Juppé, ancien Premier Ministre et Maire de Bordeaux, entouré de hautes personnalités françaises, M. Hubert Védrine, ancien Ministre des affaires étrangères, M. Nicolas Hulot, président de la fondation Nicolas Hulot, M. Jean Jouzel, climatologue, M. Bertrand Collomb, président du groupe Lafarge, M. Edgar Morin, philosophe, écrivain et M. Laurent Stéfanini, ambassadeur délégué à l’environnement, a lancé officiellement la préparation de cette Conférence lors d’une réunion autour du Président de la République à l’Elysée le 12 décembre.

La Conférence permettra de dresser un constat partagé des grandes menaces qui pèsent sur notre planète et mettent en danger l’équilibre de nos sociétés. Elle a également pour objet de dégager des priorités d’actions, notamment à travers le renforcement de la gouvernance internationale de l’environnement. En effet la fragmentation et la faiblesse du système conventionnel actuel (500 accords internationaux, 18 agences, programmes et institutions financières internationales compétents) rend indispensable la transformation du Programme des Nations unies pour l’environnement en une Organisation pour l’environnement, véritable agence des Nations unies à part entière, dotée des moyens nécessaires à sa mission.

PROGRAMME

Le vendredi 2 février en fin de matinée, la Conférence sera ouverte par le Président de la République. La séance d’ouverture sera suivie d’un déjeuner offert conjointement par le Ministre des affaires étrangères et la Ministre de l’écologie et du développement durable.
L’après-midi, six ateliers, organisés au Centre de Conférences Internationales, avenue Kléber, coprésidés par deux personnalités invitées (une française et une étrangère) comporteront plusieurs interventions de personnalités faisant autorité pour chacun des thèmes suivants :

1) Dérèglement climatique
Cet atelier traitera de la gravité et des conséquences du changement climatique. A partir des dernières conclusions du GIEC, il examinera son impact, le coût de l’inaction internationale et proposera des mesures, notamment dans le domaine de l’énergie et des transports, à la hauteur des défis qui nous sont posés.

2) Agir ensemble pour la biodiversité

Cet atelier décrira la perte de diversité biologique et son impact sur les sociétés humaines ; pour mieux y résister, il dessinera, à partir du bilan des actions déjà accomplies, les contours d’un nouveau mode de gouvernance. En particulier, il mettra l’accent sur les sujets émergents comme la biodiversité marine en haute mer ou le besoin d’une expertise scientifique internationale sur la biodiversité.

3) Pollutions et santé

Cet atelier centrera ses travaux, d’une part sur le contrôle des transferts de substances dangereuses et de déchets et les menaces que font courir ceux-ci, d’autre part sur les effets tant globaux que locaux des pollutions atmosphériques, y compris en termes de santé publique. Seront examinés les moyens d’une meilleure mise en œuvre du principe pollueur/payeur.

4) L’eau, un enjeu partagé
Dans le contexte des Objectifs du Développement pour le Millénaire (ODM), cet atelier traitera de la gouvernance des eaux partagées, des enjeux de l’assainissement, notamment dans les pays en développement, et des actions à mener pour adapter la gestion de la ressource au changement climatique.

5) La nécessaire révolution des comportements face aux défis écologiques
Cet atelier traitera de la dimension humaine de la crise écologique. Face aux défis du monde contemporain, explosion démographique, urbanisation incontrôlée et pauvreté de masse, une évolution des comportements individuels et des modes de production et de consommation s’impose.

6) Pour le renforcement de la gouvernance internationale de l’environnement
Cet atelier dressera un bilan critique du mode de coopération internationale actuelle, marquée notamment par la fragmentation et la faiblesse du système des Nations unies. Il appellera à un renforcement de la gouvernance internationale de l’environnement au travers d’une réforme institutionnelle ambitieuse par la transformation du PNUE en une agence à part entière des Nations unies (ONUE).

Le samedi 3 février, la synthèse des ateliers sera suivie d’une séance de clôture de la Conférence. Le Président de la République tirera les conclusions des travaux sous la forme d’un appel à la mobilisation internationale en faveur de la préservation des équilibres écologiques, notamment au travers d’une meilleure gouvernance internationale de l’environnement. Sera ainsi constitué un groupe pionnier qui travaillera à créer un consensus en faveur de l’ONUE sur la scène internationale.



Point de presse de Monsieur Alain Juppé, le 26 janvier 2007, Pékin

La semaine prochaine se tiendra à Paris la Conférence des citoyens de la Terre.

L’un des objectifs essentiels de cette conférence est de lancer un appel pour l’amélioration de la gouvernance environnementale internationale et de donner plus de cohérence à l’action internationale en créant une organisation des Nations Unies pour l’environnement, qui serait la voix et le visage de la communauté internationale dans ces problèmes cruciaux.
Il s’agit ainsi de fédérer les quelques 500 accords internationaux existant aujourd’hui sur le sujet, dont certains ont leurs propres secrétariats, ainsi que les efforts des différents organismes qui oeuvrent à la protection de l’environnement.
La question des pouvoirs décisionnels de cette organisation reste à approfondir. Il faut respecter à ce stade l’identité de chacun. Cette organisation ne se substituera pas au protocole de Kyoto. C’est un projet ambitieux mais il faut rester prudent et prendre le temps. Plus tard cette organisation aura peut-être des pouvoirs.

Au programme de cette conférence figurent six ateliers de travail sur le changement climatologique la biodiversité les ressources en eau, les problèmes de santé liés à la pollution, la croissance écologique, notamment l’amélioration de l’efficacité énergétique pour relever les grands défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés et une meilleure gouvernance internationale environnementale

J’ai pu m’entretenir à Pékin avec plusieurs interlocuteurs de haut niveau, dont Monsieur Tang Jiaxuan, Conseiller d’Etat en charge des questions internationales, qui m’a indiqué que la réaction de principe des autorités chinoises à cette idée était favorable. J’ai aussi rencontré des ONG, plusieurs acteurs de la société civile chinoise et des scientifiques.
Certaines de ces personnalités chinoises, notamment le climatologue Qing Daihe qui participera aux travaux du GIEC, seront à Paris pour participer à cette conférence.

Le programme des Nations Unies pour l’environnement a été crée en 1972 à un moment où la prise de conscience de la gravité des problèmes de l’environnement n’avait pas l’ampleur de celle d’aujourd’hui.
Ce programme n’a pas les moyens financiers et institutionnels, pour embrasser l’ensemble des questions de protection de l’environnement.
Il faut désormais aller plus loin afin que cette nouvelle organisation puisse fédérer les compétences, apporter des conseils aux différents pays et être un instrument de veille et d’alerte, sans pour autant créer une organisation contraignante.

A l’occasion de ce voyage en Chine, j’ai pu observer que beaucoup de questions venaient de pays émergents qui craignent que ce type d’organisation ne compromette leur croissance. Il est donc particulièrement utile de venir ici sur le terrain, pour convaincre et expliquer les buts de ce projet d’organisation des Nations-Unies que nous appelons de nos vœux.

Un groupe pilote doit être créé après la Conférence des Citoyens de la Terre pour expliquer et convaincre ces pays réticents à l’organisation. En effet, ceux-ci craignent de se voir imposer des contraignantes que nous mêmes n’avons pas respecté lors de notre développement industriel. Mais au XIXème siècle, lorsque l’Occident a accompli sa révolution industrielle, les atteintes à l’environnement étaient bien moins graves qu’aujourd’hui et il n’y avait aucune prise de conscience des dangers que cela représentait.
Aujourd’hui, c’est une question que l’on ne peut plus éluder, la solidarité entre pays se vit au quotidien.

L’Inde est aussi très consciente des problèmes d’environnement. Par exemple depuis peu la constitution oblige à la mise en œuvre d’un programme d’enseignement sur les questions environnementales depuis le primaire jusqu’à l’université.

En Chine il se passe aussi beaucoup de choses dans ce domaine, notamment en termes de prise de conscience des enjeux de la protection de l’environnement, depuis les autorités centrales jusqu’aux gouvernements locaux.

La France est présente en Chine sur ce terrain : l’Agence Française de Développement accorde des prêts pour un montant global de 300 millions d’euros sur trois ans pour aider à prendre en compte la question des économies d’énergie dans la rénovation ou la construction de bâtiments. Ainsi certaines techniques mises en œuvre grâce à ces prêts permettent d’économiser jusqu’à 50% de l’énergie consommée pour le chauffage. L’AFD intervient aussi dans le financement de l’électrification d’une ligne de chemin de fer de 1000 kilomètres dans le sud de la Chine, ce qui permettra de réduire considérablement l’émission de CO2 liée à son exploitation.
J’ajouterai que ce type de coopération constitue un élément essentiel du partenariat stratégique franco-chinois.

Je comprends toutefois les réticences, notamment ici en Chine où l’exigence de la croissance reste prioritaire et où 700 millions de chinois aspirent à une meilleure et à un niveau de vie plus élevé.
Le message de la « croissance zéro » ne passe pas ici, ni en Inde. Il faut réfléchir à concilier la croissance et avec la protection de l’environnement, inventer un nouveau mode de croissance moins dispendieux en énergie et en matières premières.


Voir egalement le dossier sur le site du Minist�re des affaires �trang�res : Citoyens de la terre

Site officiel : http://www.citoyensdelaterre.fr/conference/



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