Rédacteur :
Christine, Yu CHEN
Nouveau siècle publié le 9 janvier, No. 2 2012
Couverture : la divulgation importante d’informations sur les usagers de l’internet
Fin 2011, on a assisté à l’« incident de la plus grande divulgation d’informations confidentielles dans toute l’histoire de l’Internet chinois ». Des sites sociaux ou de jeux aux portails du commerce électronique, voire certains sites bancaires ou gouvernementaux sont tous impliqués. Selon les statistiques publiées par le CNCERT (National Computer Network Emergency Response technical Team), jusqu’au 29 décembre, il semble que 26 bases de données aient été divulguées dont plus de 278 millions de numéros de compte et de mots de passe. Après cet incident grave, les services gouvernementaux concernés ont démarré tout de suite un plan d’urgence pour évaluer l’impact et élaborer des contre-mesures.
Mais en réalité, les informations des bases de données concernées avaient déjà été volées par les hackers il y a quelques années, les derniers incidents de divulgation ne sont qu’un dévoilement général. Une « chaine noire » du trafic des données s’est formée il y a longtemps. Mais par rapport à la protection des informations individuelles confidentielles, le gouvernement s’attache plus à la promotion du système des informations réelles en ligne. Dans un contexte où les bases de données des sites et les informations personnelles sont étroitement liées, si la sécurité ne peut pas être garantie, le système du nom réel en ligne est plein de risques. Et au niveau technique, le système traditionnel de cyber-sécurité apparaît insuffisant pour lutter contre ces attaques.
Caijing Magazine publié le 2 janvier, No. 1 2012
Edito : continuer à partager les dividendes de la mondialisation
En 2011, la frontière traditionnelle entre le Sud et le Nord dans l’échiquier économique international a fait face à un défi subversif. Sous la grande pression de la crise des dettes européennes, le modèle établi de circulation des capitaux entre le Sud et le Nord a aussi été totalement modifié. Compte tenu du fait que les prévisions de croissance pour les pays émergents sont beaucoup plus élevées que celles des pays développés, l’alternance de statuts entre le Sud et le Nord se poursuivra à l’avenir. Actuellement, un casse-tête pour les économies développées est de savoir comment répondre aux défis de la mondialisation. Les contradictions entre la coopération économique mondiale et la régionalisation politique constituent un autre problème épineux. Les économies émergentes, anciens grands bénéficiaires de la mondialisation, ne sont pas toujours les principaux gagnants. Elles font face, tôt ou tard, aux problèmes que les pays développés ont déjà rencontrés. Par exemple, les BRICS, pionniers des pays émergents, font déjà face au défi posé par l’augmentation du coût de la main-d’œuvre.
Quant à la Chine, d’une part, le salaire moyen de la main-d’œuvre est beaucoup moins élevé que celui des pays développés, le transfert industriel massif apporte une pression sur l’emploi et le bien-être nettement plus importante. D’autre part, ces dernières années, parmi les nouveaux arrivés sur le marché du travail, il y a de plus en plus de diplômés de l’enseignement supérieur. Le modèle de développement de « rattrapage » dicté par le gouvernement risque soit de pousser les gouvernements locaux à baisser toujours le salaire moyen pour maintenir un taux de croissance relativement élevé soit d’empêcher la capacité d’innovation de devenir un facteur décisif de l’avenir d’une entreprise.
Même si actuellement la fuite des capitaux internationaux, provoquée par le coût de la main d’œuvre élevé, n’est pas encore grave, la Chine doit se saisir de ce laps de temps pour élaborer des contre-politiques. Par exemple, accroître la consommation du peuple, élargir la demande intérieure, empêcher la fuite des capitaux internationaux par un marché plus vaste et profond, abandonner le soutien partial à certaines entreprises monopolistes en offrant un environnement de concurrence égal aux entreprises privées, faire coordonner la répartition des crédits intérieurs par le marché et offrir plus de capital endogène.
Si la Chine réussit à modifier son modèle de croissance économique selon lesdites mesures pour devenir non seulement un grand producteur ou exportateur, mais aussi un grand consommateur et investisseur, il est possible que la Chine bénéficiera plus longuement des dividendes de la mondialisation.
Nouveau siècle publié le 9 janvier, No. 2 2012
Une autre année sombre pour les économies américaine et européenne
A cause de l’escalade de la crise des dettes européennes et des changements des gouvernements, en 2012, l’économie mondiale restera dans une situation pleine de difficultés avec peu de marge de manœuvre.
La « crise » est le mot clef de l’année écoulée. Les économies développées furent toujours menacées par le « double dip » tandis que la croissance des économies émergentes manquait d’énergie, les problèmes tels que l’inflation, la fuite des capitaux, la dépréciation des monnaies ainsi que la chute considérable du marché du capital n’ont cessé de surgir.
En 2012, la France, les Etats-Unis, la Russie et d’autres pays feront face à des élections présidentielles et législatives. Les politiques de ces pays resteront relativement stables jusqu’à la fin des élections. Les changements des gouvernements deviendront un facteur important empêchant la croissance en 2012.
La crise des dettes européennes continuera à « fermenter » et l’absence de réaction des mesures politiques risque de pousser la zone Euro vers la récession économique. Selon l’économiste Dean Baker, l’économie américaine ne connaitra pas le « double dip », mais une forte croissance sera très difficile à réaliser. Malgré des situations différentes des pays différents, les grandes économies mondiales se trouvent toutes dans une situation embarrassante. Les facteurs négatifs s’imbriquent, les perspectives en 2012 paraissent sombres.
Phoenix Weekly publié le 5 janvier, No. 1 2012
La montée en gamme industrielle est la clé de la transition économique chinoise
Interview spéciale de M. Guan Zhixiong, économiste chinois au Japon, auteur du livre « China as No.1 »
Les problèmes de l’économie chinoise
La Chine se trouve actuellement dans une période de stagflation où une inflation forte et une croissance relativement faible coexistent. Pour stimuler la consommation intérieure, il est nécessaire de réprimer la bulle immobilière. Et à long terme, la Chine doit se mettre en garde contre la bipolarisation des revenus et les problèmes environnementaux. Au fond, afin de dissiper les distances entre les régions différentes et de réduire les écarts de revenus entre les villes et la campagne, il faut :
- supprimer tous les obstacles empêchant la circulation libre des personnes, des ressources financières et matérielles, et établir un marché unique à l’intérieur du pays pour faciliter les déplacements de main-d’œuvre ;
- accélérer le transfert des industries à forte densité de main-d’œuvre des régions côtières vers les régions continentales pour construire un modèle de développement basé sur la théorie du vol d’oies sauvages ;
- renforcer les transferts de paiements pour favoriser le développement des régions sous-développées
La montée en gamme industrielle
Quant à la faillite de nombreuses entreprises privées dans les régions côtières, d’après M. Guan, il faut éliminer l’industrie manufacturière primaire ou la transférer dans les régions intérieures pour développer la montée en gamme industrielle de la Chine.
Lors de la transition économique, le plus important n’est pas l’amélioration de la capacité d’innovation, mais de transférer la main d’œuvre des secteurs à faible productivité à ceux à forte productivité. L’innovation indépendante n’empêche pas l’introduction des technologies de pointe des pays étrangers. La Chine deviendra ainsi le point de départ de la restructuration industrielle en Asie.
La distance entre la Chine et le Japon
Selon M. Guan, il existe une distance de 40 ans entre le niveau de développement économique de la Chine et celui du Japon, sauf certaines grandes villes chinoises. A cause de cette grande distance, les structures économiques chinoise et japonaise sont complémentaires. Au lieu du jeu à somme nulle, les coopérations commerciales et économiques entre la Chine et le Japon sont un jeu gagnant-gagnant. La Chine joue un rôle indispensable dans la reprise de l’économie japonaise, la montée en gamme industrielle de la Chine a aussi besoin des capitaux et des technologies japonaises.
L’avenir de l’économie chinoise est optimiste dans l’ensemble. Le point de départ de la transition économique de la Chine est la disparition du dividende démographique, dont la solution est la montée en gamme industrielle. Est-ce que le volume économique global de la Chine dépassera celui des Etats-Unis ? La réponse dépendra principalement de la différence des taux de croissance entre la Chine et les Etats-Unis et des taux de change. Dans son livre, Guan Zhixiong estime que la Chine deviendra la première puissance économique du monde en 2020.
Phoenix Weekly publié le 5 janvier, No. 1 2012
Edito : 2012, on demande la « raison sociale »
L’année dernière, la Chine s’est retrouvée dans une période très difficile. Des distorsions structurelles extrêmement graves ont surgi dans le développement industriel, dans la redistribution sociale et les recettes et dépenses financières, le « capitalisme de connivence » (crony capitalism) s’est développé librement et a placé la réforme économique dans une situation pleine de contradictions. Dans le domaine des consciences, les divergences entre le gauchisme et le droitisme se sont aggravées, le consensus sur la réforme s’est affaibli et les Chinois sont confus face à la perte des valeurs.
Dans le domaine social, les inégalités sociales dues à la semi-urbanisation ont conduit à l’accumulation des plaintes des « basses-couches » de la société ; avec la corruption, les gens au pouvoir exploitent sans limite la société ; la pression du maintien de la stabilité sociale ne cesse de s’accroître ; de nombreux riches et techniciens qualifiés chinois immigrent à l’étranger ; les problèmes environnementaux s’aggravent de jour en jour.
Dans le domaine politique, les frictions entre les gouvernements locaux et le gouvernement central augmentent, le transfert des pouvoirs provoque une inquiétude générale parmi les fonctionnaires locaux. Tout indique que 2012 sera une année cruciale pour la Chine : soit le début d’un autre miracle du développement, soit une période pleine de nouvelles fissures sociales.
Dans ce contexte, afin de construire une société harmonieuse, il est nécessaire de cultiver prioritairement la « raison sociale ». Le gouvernement doit accorder un espace suffisamment libre aux domaines où l’auto-développement du marché et de la société fonctionnent bien.
En construisant la société harmonieuse, outre le rôle clé d’un gouvernement raisonnable, la raison des citoyens et de la société est aussi indispensable. Afin de rétablir la raison sociale, il faut reconnaître que les fruits sociaux et les progrès du système politique et économique obtenus au bout de 30 ans de réforme et d’ouverture ne peuvent s’accomplir d’un seul coup. L’existence et le développement du peuple chinois ne pourront se réaliser que dans un environnement harmonieux et un ordre social stable. La raison sociale est la condition préalable de la démocratie, de la liberté et de la justice, rêves de tous les Chinois. Le gouvernement a besoin de la raison pour se développer vers la démocratie et l’Etat de droit, les citoyens en ont aussi besoin pour établir une personnalité parfaite et « autodisciplinée ».
Phoenix Weekly publié le 5 janvier, No. 1 2012
Une boulangerie dans un hôpital psychiatrique
Initiée par l’Américaine Yvonne Gerig et l’Allemande Natascha Prigge, la boulangerie « Crazy Bake » a été créée dans le « Centre de service pour la santé mentale du district de Chaoyang à Beijing » il y a trois ans : les malades mentaux font du pain eux-mêmes et puis les vendent aux habitués ou dans des lieux fixes. Maintenant, Crazy Bake possède 5 boulangers qui sont tous des malades mentaux, à peu près 40 clients fidèles et quatre points de vente de détail fixes, dont l’école maternelle allemande, l’école allemande et Embassy House.
Les bénéfices étant peu importants, la boulangerie est plutôt une « zone de transition » reliant les malades mentaux et la société : les malades se retrouvent eux-mêmes tandis que les personnes valides peuvent mieux les comprendre et les respecter.



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