Rédacteurs :
Yo-Jung Chen, Christine CHEN Yu
Caijing Magazine publié le 16 août, No. 17 2010
Accomplir la cause inachevée de Deng Xiaoping
Interview spéciale de
- Du Daozheng, ancien Président de l’Administration générale de la Presse et de la Publication de la République populaire de Chine et actuel Président du Magazine « Yanhuang Chunqiu »
- Chen Xiaolu, ancien directeur du Département des Affaires sociales au Bureau de la Réforme du Système politique du PCC, PDG d’International Standard Co.ltd,
- Wang Changjiang, Directeur du Département de la Construction du Parti à l’Ecole central du PCC
En 30 ans, la Chine a connu un grand changement et est devenue la 2e économie du monde. Les experts estiment que Deng Xiaoping avait prévu, de son vivant, les résultats de la réforme du système économique, mais la réforme du système politique demeure une tâche inachevée. Aujourd’hui, la réforme du système politique, relativement en retard, empêche une réforme approfondie du système économique tandis que les pressions liées à la transition sociale s’accroissent. Les trois experts interviewés estiment que la génération au pouvoir doit prendre la responsabilité historique de promouvoir la réforme du système politique afin d’accomplir la cause inachevée de Deng Xiaoping.
La réforme n’est pas achevée
Une société dépourvue d’un bon système politique empêche le développement de la démocratie politique et étouffe aussi les forces productives. Pendant les 18 années glorieuses de Deng Xiaoping, la Chine est devenue une société qui s’enrichit progressivement, qui est relativement ouverte et dynamique, mais dont les problèmes dus aux écarts importants entre riches et pauvres et à la corruption n’ont pas encore trouvé de règlement radical. Or, dès les années 80, Deng Xiaoping avait évoqué l’importance de la réforme du système politique, base de toutes les réformes.
La Chine rencontre une autre difficulté
Du Daozheng : Aujourd’hui la Chine se trouve à nouveau dans une situation difficile, avec pour principaux problèmes la corruption des cadres, l’écart important entre riches et pauvres, un ordre public inquiétant ainsi que les dérives morales. Et les noyaux de ces problèmes sont une forte concentration du pouvoir et une corruption rampante. Après Mao (qui a réalisé l’indépendance nationale) et Deng (qui a réglé les problèmes de nourriture et d’habillement des 1,3 milliards de Chinois à travers la réforme et l’ouverture), nous avons besoin d’une personnalité capable de régler le problème des droits civiques en Chine.
Chen Xiaolu : L’actuelle structure essentielle du système politique chinois est une combinaison des traditions de la société féodale, de la guerre révolutionnaire et du système soviétique. L’entrée dans l’économie de marché est une initiative et un avantage, mais les « maladies chroniques » de l’ancien système se sont aussi renforcées. Aujourd’hui, malgré toutes les contradictions et les plaintes, la société chinoise est encore contrôlable sous l’actuel système politique. Il faut profiter de cette base pour stimuler la réforme de ce système.
Wang Changjiang : Au niveau politique, il faut essayer de rétablir la confiance du peuple. Dans la pratique, plus que les questions sur la vie du peuple, celle sur la démocratie est prioritaire et essentielle. L’économie de marché est comme un chemin sans retour et la démocratisation est incontournable.
Les propositions pour une réforme effective du système politique
Un environnement plus ouvert pour l’opinion publique est susceptible de stimuler la réforme du système politique et la démocratie politique. En menant des réformes expérimentales dans certaines régions et en s’inspirant des expériences politiques d’autres pays, il sera possible d’initier le peuple à la pensée démocratique. L’ampleur et l’intensité des réformes dépendent de la prise de conscience du peuple. Au cours des dix années à venir, la société chinoise sera relativement stable et la gouvernance du parti au pouvoir sera encore efficace, il faut bien saisir cette opportunité pour déployer les réformes, sinon, les conséquences seront graves.
International
China Newsweek publié le 23 août, No. 2010
Les relations sino-américaines ont connu un krach ?
Dès le début de cette année, une série d’incidents ont fortement dégénéré les relations sino-américaines au point où l’on estimait que les relations bilatérales avaient coulé à pic. Mais récemment, surgissent de nouvelles frictions, plus compliquées et sensibles, touchant le domaine militaire et la question de la Mer de Chine méridionale.
Après deux tours d’exercices militaires conjoints entre la Corée du Sud et les Etats-Unis en Mer Jaune, les Etats-Unis ont annoncé, début août, qu’ils mèneraient prochainement des exercices conjoints avec le Vietnam en Mer de Chine méridionale. Cette annonce est intervenue dans un contexte très compliqué : le 23 juillet, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du Forum régional de l’ASEAN, Hillary Clinton a annoncé que les Etats-Unis interviendraient dans la question de la Mer de Chine méridionale.
L’affaire de la corvette sud-coréenne Cheonan a fait escalader les divergences entre la Chine et les Etats-Unis, et l’intervention américaine dans la question de la Mer de Chine méridionale représente un tournant dans la politique américaine envers la Chine. Les relations bilatérales se trouvent ainsi bloquées dans des véritables conflits latents.
Les motifs des Etats-Unis sur la question de la Mer de Chine méridionale sont aussi compliqués. Concrètement, il s’agit obtenir le droit d’effectuer des reconnaissances maritimes et aériennes dans la région. Et avec une vision stratégique et clairvoyante, les Etats-Unis tentent de renforcer leur présence en Asie. A part les exercices conjoints, la partie américaine a aussi annoncé une coopération nucléaire avec le Viêtnam.
En dépit de leur « frustration » et leur « déprime », la plupart des experts chinois et américains interviewés ne sont pas pessimistes pour l’avenir des relations sino-américaines. La partie chinoise estime que le plus grave problème dans les relations bilatérales est que la partie américaine néglige toujours les intérêts centraux de la Chine. Au-delà de l’attitude pragmatique consistant à attendre des Etats-Unis respectent les préoccupations sécuritaires de la Chine, il faut aussi garder la raison. A l’intérieur de la Chine, les voix exagérant les menaces que représentent les exercices militaires conjoints sont loin de contribuer à une amélioration des relations bilatérales.
Evidemment, dans l’avenir, les relations sino-américaines, déjà au plus bas, doivent faire face à davantage de défis et les problèmes existeront à long terme.
En tant que grande puissance, la Chine doit engager une diplomatie tous azimuts et apprendre à dissiper les difficultés en Asie du Sud-est.
Outlook Weekly publié le 23 août, No. 34 2010
Le développement mondial des thinktanks américains
Les Etats-Unis est le pays possédant le plus de thinktanks qualifiés dans le monde. Pendant dix ans, les thinktanks américains, qui ont débuté plus tard que les pays européens, se sont développés rapidement. Beaucoup d’expériences américaines ont une valeur de référence pour la construction des thinktanks en Chine.
Pour les thinktanks, l’important est de sauvegarder l’indépendance et la fidélité, afin de fournir des conseils objectifs, scientifiques et professionnels aux décideurs. Ce problème est plus évident dans les pays en développement où, limités par les fonds modestes et les insuffisances juridiques, les thinktanks n’arrivent pas à jouer un rôle important lors de l’élaboration des politiques nationales.
Aux Etats-Unis, les sources de fonds très diversifiées aident les thinkstanks à maintenir leur indépendance. Quant au mode de travail, les thinktanks américains reposent sur le gouvernement mais restent indépendants, ayant un système de gestion strict et parfait à l’intérieur des thinktanks et du secteur. Leur compétitivité provient des chercheurs qualifiés, parce qu’ils accordent une grande importance à la formation des talents.
Aujourd’hui, les thinktanks américains prêtent une vive attention à la Chine. Beaucoup d’entre eux ont créé des bureaux en Chine, établissent conjointement des institutions de recherches avec les universités chinoises ou financent certains thinktanks chinois.
La Chine doit accueillir favorablement les thinktanks étrangers avec un esprit ouvert, parce que l’aide financière, la coopération ainsi que la concurrence des thinktanks étrangers favoriseront à la fois le progrès social et le développement de la Chine. Bien sûr, cette ouverture doit s’accompagner de prudence.
Chine
Nouveau siècle publié le 23 août, No. 34 2010
Chine : Deuxième économie du monde
Rien d’étonnant que, cette année, la Chine soit devenue la deuxième économie mondiale en dépassant le Japon. Bien que le PIB chinois ait dépassé celui du Japon, le niveau et la qualité du développement chinois sont encore très en retard. En dépit des aspects positifs apportés par la croissance remarquable du volume économique global, il faut bien reconnaître les insuffisances ainsi que le prix très élevé en matière d’environnement et de ressources que la Chine a payé pour réaliser cette croissance. Maintenant, il est temps d’approfondir la réforme et d’exploiter davantage les potentialités chinoises.
En réalité, le PIB par personne de la Chine est dix fois moins élevé que celui du Japon. Et 40 millions de Chinois vivent encore dans la pauvreté. La qualité du développement économique est à améliorer. Le développement social est en retard, surtout dans les domaines de l’innovation technique, de la maturité du marché financier, de l’éducation et de la culture ainsi que des soins médicaux. Améliorer sans cesse le bien-être des citoyens et créer un environnement d’égalité des chances sont plus importants que le classement du PIB.
Dans cette période de transition, au lieu de se prendre comme une grande puissance, la Chine doit rester modeste et calme en s’inspirant des expériences du Japon.
Pour la Chine, comment jouer le rôle d’un « grand pays responsable » est une notion encore tout à fait nouvelle. D’après le magazine, le meilleur choix sera de déployer son influence dans la région ou sur la scène internationale avec une grande prudence, à condition de garder une conscience très claire sur sa propre puissance réelle.
Une grande économie et une grande puissance économique se distinguent par les indications sur la société, le développement ainsi que la compétitivité. Il faut bien peser l’importance de la quantité et de la compétitivité. La plupart de facteurs qui nécessitent un effort de perfectionnement par la Chine sont en dehors du PIB.
Outlook Weekly publié le 23 août, No. 34 2010
Wenchuan est détruit à nouveau par des glissements de terrain
Au mois d’août, suite à des pluies diluviennes dans la province du Sichuan, les régions frappées par le séisme de 2008 ont été atteintes par des glissements de terrain, ruinant en un seul jour les fruits de la reconstruction depuis deux ans. La reconstruction des maisons rurales est un des principaux obstacles dans la région sinistrée : il y a non seulement des difficultés financières, mais aussi le souci d’avoir à reconstruire sur l’ancien site en danger.
Selon un responsable du gouvernement de la province du Sichuan, il est maintenant très difficile de réaliser les objectifs de la reconstruction post-séisme. La prévention des dégâts géologiques, la restauration écologique ainsi que le renforcement de la capacité de prévention et de réduction des désastres sont des missions extrêmement dures dans la période de reconstruction. En même temps, une série de politiques favorisant la reconstruction sont déjà périmées ou vont bien tôt expirer. Il faut que le gouvernement central prolonge le délai de ces mesures et investisse plus.
Prof. Lin Ling, ancien Vice Président de l’Académie des Sciences sociales du Sichuan, signale aussi que l’environnement écologique et géologique très fragile du bassin du fleuve Minjiang ne supporte pas la construction des centrales hydrauliques et le développement industriel. Mais ces dernières années, face à la quête des intérêts, l’environnement écologique local a été gravement abîmé par la construction massive de centrales le long du fleuve et de ses affluents. Afin de garantir le développement durable de la région, il faut attacher plus d’importance à la construction écologique et les centrales hydrauliques doivent être progressivement retirées de la région.
Outlook Weekly publié le 23 août, No. 34 2010
Le drame de Zhouqu causé par la nature et l’homme
La principale raison des glissements de terrain à Zhouqu est une calamité naturelle, mais les activités humaines abîmant l’environnement naturel aggravent les catastrophes et alourdissent les conséquences. Actuellement, beaucoup de bourgs chinois se situent dans des montagnes ou vallées menacées par des risques de dégâts géologiques. Lors de l’urbanisation, ces bourgs qui exigent trop de la nature, ont accentué les contradictions avec l’environnement. Il faut bien reconnaître que certaines régions sont déjà entrées dans une période où l’on paye très cher les coûts environnementaux. Parmi les mesures de prévision, l’essentiel est de renforcer la protection de l’environnement en l’accordant avec le développement urbain.
Pheonix Weekly publié le 25 août, No. 2010
Le gouvernement chinois s’efforce de développer « les droits de l’homme à la chinoise »
Depuis 2005, le Bureau de l’Information du Conseil des affaires d’État organise continuellement des formations sur les droits de l’homme dont les participants proviennent principalement des organismes d’Etat ou des médias relevant directement du Comité central du Parti. Récemment, la septième session a eu lieu à Pékin. Suite à l’évolution de la cause des droits de l’homme en Chine, outre les participants du milieu de la propagande extérieure, de plus en plus de fonctionnaires dans les milieux de l’administration, de la justice ou de l’application des lois y participent. Parce qu’après l’insertion de la clause sur les droits de l’homme dans la Constitution en 2004, la Chine a continuellement élaboré une série de lois concrètes sur ce sujet. Dans ce contexte, la sensibilisation des agents chargés de l’application des lois est indispensable pour garantir les droits de l’homme.
Nés dans une circonstance tout à fait différente des pays occidentaux, les droits de l’homme en Chine subissent beaucoup de critiques. Un des formateurs a signalé qu’il faut reconnaître les valeurs universelles qui existent effectivement dans les droits de l’homme, bien qu’il y ait une grande diversité dans la façon dont ils sont concrétisés. « Les droits de l’homme à la chinoise » est une modalité définie selon les conditions réelles de la Chine en respectant le principe de l’universalité des droits de l’homme.



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