Rédacteur :
Christine, Yu CHEN
Phoenix Weekly publié le 15 janvier, No. 2 2012
Couverture : où va la Corée du Nord ?
Après la mort subite de Kim Jong-Il, la Corée du Nord suscite toujours l’attention de tous les médias. Un mois après, Phoenix Weekly a réalisé un reportage spécial sur l’avenir de la Corée du Nord en détaillant l’histoire du transfert de pouvoir, l’actuel échiquier politique et en évoquant la réunification des deux Corées.
Alors que la partie chinoise s’était fortement opposée à la passation de pouvoirs entre Kim Il-Sung à son fils Kim Jong-Il, cette fois-ci la Chine a manifesté un soutien très actif au transfert des pouvoirs à Kim Jong-Un. Selon les médias sud-coréens, aujourd’hui, la Chine est la première partie prenante de la stabilité de la Corée du Nord. Mais afin de garantir cette stabilité, la condition préalable est que Kim Jong-Un prenne véritablement le pouvoir après la passation nominale des pouvoirs. En analysant la situation intérieure très complexe de la Corée du Nord, Liu Dehai, professeur d’affaires diplomatiques à l’Université politique de Taiwan, indique que la stabilité intérieure de la Corée du Nord dépend principalement des relations entre Kim Jong-Un, la Générale Kim Kyong-Hui, sœur cadette de Kim Jong-il et son mari Jang Song-Thaek.
Ce que Kim Jong-Un a hérité de son père, c’est non seulement le pouvoir, mais aussi des charges très lourdes, en tant que dirigeant tout jeune peu expérimenté, Kim Jong-Un est obligé de faire face à beaucoup plus de crises et de dangers que son père.
Mais la mort soudaine de Kim Jong-Il offre à l’autorité nord-coréenne une opportunité de sortir de la situation difficile et laisse une zone tampon à Kim Jong-Un : pendant la période de deuil après la mort de Kim Jong-Il, il n’est pas convenable de mettre beaucoup d’accent sur « Un pays puissant et prospère », toutes les activités de prodigalité prévues peuvent être suspendues.
La mort de Kim Jong-Il exerce une influence sur la Corée du Sud beaucoup plus importante que la mort de son père Kim Il-Sung. D’une part, après la mort de l’homme de fer Kim Jong-Il, on n’arrive pas à prévoir les futures actions de ce pays étrange. D’autre part, la Corée du Nord se trouvant dans l’abîme des crises et risque de s’effondrer d’un moment à un autre, la réunification de la Péninsule coréenne peut devenir une réalité à tout moment.
Mais au bout de plus d’un demi-siècle de partition, il existe un grand écart social entre les deux Corées, aux yeux des Sud-Coréens, la réunification de la péninsule est plutôt une question correcte au niveau politique mais provoquant de lafrayeur en réalité. Après la mort de Kim Jong-Il et l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un, la réunification de la péninsule est tout un coup devenue une « mission possible », mais il existe trop d’incertitudes. Et quant aux Nord-coréens qui ont réussi à s’installer en Corée du Sud, ils n’arrivent pas à s’intégrer facilement dans la société sud-coréenne. Le plus incroyable est que certains d’entre eux retournent en Corée du Nord.
La Chine est depuis longtemps considérée comme un acteur décisif dans la réunification des deux Corées, parce que sa sécurité est étroitement liée à la situation de la Péninsule. A cause de sa vive inquiétude pour sa propre sécurité, le gouvernement chinois n’épargne aucun effort pour soutenir le fonctionnement normal de la société nord-coréenne et éviter l’effondrement de ce pays, en dépit de la grande pression morale exercée par la Communauté internationale et du fait qu’elle n’arrive pas à exercer d’influence effective sur la Corée du Nord.
Mais malgré tout, la réunification de la péninsule coréenne est une tendance inévitable, il est possible que la situation antagoniste de l’Asie du Nord-est sera ensuite profondément modifiée.
Nan Feng Chuang du 11 au 24 janvier, No. 2 2012
La Corée du Nord à l’ère de Kim Jong-Un
Selon la situation actuelle, la couche dirigeante nord-coréenne conduite par Kim Jong-Un continuera à poursuivre les politiques économiques et diplomatiques de l’époque de Kim Jong-Il en manifestant un fort caractère de succession.
En général, la diplomatie de Kim Jong-Un poursuivra la situation diplomatique laissée par Kim Jong-Il. Mais il est possible que ce jeune chef réalise des réajustements habiles dans certains domaines. Par exemple, prendre des actions plus actives pour assouplir les relations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis ou accélérer la reprise des pourparlers à six.
Phoenix Weekly publié le 15 janvier, No. 2 2012
Nouvelle escalade du combat diplomatique entre la Chine et les Etats-Unis à Hong Kong
L’année dernière, autour de la question de la Mer de Chine méridionale, de vives rivalités diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis ont été déployées dans la région Asie-Pacifique. Récemment, il apparait que ce combat diplomatique s’étend vers Hong Kong. La « diplomatie du mégaphone » menée par les diplomates chinois et américains à Hong Kong attire beaucoup d’attention.
Le 6 décembre, le Consul général américain Stephen M. Young a demandé une rencontre avec les médias locaux pour parler des questions sociales et politiques de Hong Kong. Evidemment, ce geste a provoqué de vives réactions à Pékin. 10 jours après, Lv Xinhua, Commissaire du Ministère des Affaires étrangères de Chine dans la Région administrative spéciale de Hong Kong, a invité quatre médias hongkongais pour contrer violemment les paroles de Young. « Si cette personne est considérée indésirable, le gouvernement chinois a le droit d’effectuer une démarche sévère et de la déclarer persona non grata. Cela signifie que ce pays a commis une erreur diplomatique très grave dans cette région. »
Selon les archives, ce n’est pas la première fois que la Chine et les Etats-Unis se querellent à Hong Kong. Dupuis que Stephen M. Young a été désigné comme Consul général des Etats-Unis à Hong Kong, ses commentaires sur les affaires de la Chine et de Hong Kong provoquent souvent les reproches de la partie chinoise.
En réalité, les querelles entre ces deux grands pays à Hong Kong reflètent aussi le rôle sensible de Hong Kong dans les relations sino-américaines.
La plupart des experts étudiant les relations sino-américaines ont depuis longtemps sous-estimé, voire négligé, l’intervention américaine dans les affaires hongkongaises par le passé. En fait, aux yeux des Etats-Unis, Hong Kong possédait une grande valeur stratégique, il existait des relations asymétriques entre une grande puissance et une entité non-étatique.
D’après certains analystes, une autre raison pour laquelle Pékin n’aime pas Stephen M. Young est son expérience sensible : lors qu’il était Ambassadeur des Etats-Unis au Kirghizistan, la « révolution des Tulipes » a surgi dans ce pays.
Selon la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, un membre du corps diplomatique en mission peut être jugé sans motivation et immédiatement persona non grata, amenant son rappel par le pays accréditant ou mettant fin à ses fonctions auprès de la mission, selon le cas. Mais il semble que cette mesure n’arrive pas à dissuader les grands pays. Parce que dans un monde en désordre, c’est la puissance du pays qui compte.
Nan Feng Chuang du 11 au 24 janvier, No. 2 2012
La diplomatie chinoise a besoin de valeurs
Aujourd’hui, il est nécessaire de déplacer le centre de la diplomatie chinoise vers le principe « agir quand il faut ». La diplomatie chinoise se trouve en position de défensive depuis plusieurs années, il manque de réactions effectives contre les attaques en provenance des Etats-Unis ou des pays soutenus par les Etats-Unis. Les Etats-Unis ne sont pas sans faiblesses. La Chine doit avoir le courage de créer des troubles pour le trublion et renverser la situation, plutôt que de se laisser battre. Par exemple, on peut réunir les pays en développement, stimuler la création d’un système indépendant des pays occidentaux, enlever la base américaine de rejeter sur autrui le poids de la crise et promouvoir la formation d’un monde multipolaire.
La Chine doit assumer sa responsabilité et devenir un agent très actif dans la construction du nouvel ordre mondial pour laisser une empreinte sur ce nouvel système international et mieux défendre les intérêts de l’Etat.
La diplomatie est un art réaliste dont l’objectif essentiel est de sauvegarder et de réaliser l’intérêt national. Mais outre le principe de réalisme, la diplomatie des grands pays nécessite aussi des valeurs, il faut non seulement décrire leur propre échiquier d’un mondial idéal, mais aussi préciser les critères de valeur avec lesquels on construit le monde.
La notion de l’émergence pacifique est une innovation du concept diplomatique de la Chine, mais au fond, ce n’est qu’une réponse passive contre la théorie de la menace chinoise et qui n’est pas assez puissante dans les rivalités des systèmes de valeurs.
Il existe deux questions importantes non-négligeables.
Premièrement, en Chine, il manque d’analyses et de critiques approfondies sur le modèle d’émergence traditionnelle de l’impérialisme. Une preuve évidente en est que le documentaire chinois « The Rise of the Great Nations » (L’Essor des grandes puissances) a faussé l’émergence des grands pays occidentaux en la présentant comme une « évolution pastorale tout à fait naturelle ». Dans ce contexte, il est difficile de faire croire aux pays occidentaux qu’il existe vraiment une sorte d’émergence pacifique. Pour faire connaitre au monde occidental qu’il existe vraiment une autre façon d’émerger, il faut bien coordonner les critiques sur l’histoire colonialiste et impérialiste et introduire l’histoire de la construction socialiste.
Deuxièmement, la Chine ne doit pas mettre trop d‘accent sur l’émergence pacifique en vue de se défendre, sinon, elle risque de se lier pieds et mains. Il faut savoir que l’émergence pacifique ne signifie pas contenir sa colère et ne rien dire face aux pressions extérieures, ni de faire des concessions quand il s’agit de défendre les intérêts essentiels du pays.
Phoenix Weekly publié le 15 janvier, No. 2 2012
L’évolution des élections taïwanaises
Taiwan a mis en œuvre le suffrage universel direct des élections présidentielles depuis 1996. Jusqu’aujourd’hui, il y a eu deux alternances du parti au pouvoir. Afin d’obtenir ce poste important, le Kuomintang (KMT) et le Parti démocrate-progressiste (DPP), partis politiques les plus importants de Taiwan, ont respectivement démarré la plus importante évolution dans cette période démocratique : le KMT a besoin d’achever la réforme démocratique au sein du parti tandis que le DPP doit se transformer d’un parti de rue en élite politique. C’est le seul moyen de maintenir la vitalité des partis politiques.
Après les deux alternances du parti au pouvoir, les candidats de ces deux partis manifestent deux caractères remarquables : les images des deux partis sont totalement changées et les images de leur candidat se ressemblent de plus en plus : en fait, aux yeux des électeurs, Ma Ying-jeou et TSAI Ing-wen, sont tous les deux capables d’apporter un bon avenir à Taiwan. Parce qu’actuellement, le parcours de développement des partis politiques et des hommes politiques n’est plus décidé par la volonté d’un certain parti, mais du consensus maximum de la société. La capacité des partis politiques démocratiques de bien s’adapter à l’évolution de l’ère démocratique manifeste la vitalité de Taiwan, nouveau-né démocratique.
Les élections démocratiques de Taiwan sont non seulement le fruit de la réforme politique du haut vert le bas, mais aussi des efforts civiles continuels du bas vers le haut. Cette force conjuguée permet l’agrandissement et le perfectionnement continuels de la démocratie taïwanaise.
Nouveau siècle publié le 9 janvier, No. 2 2012
Le bond en avant de l’incinération des déchets
En Chine, les projets d’incinération des déchets se développent rapidement, mais on n’est pas encore prêt pour mieux contrôler la pollution et atténuer les « NIMBY » (not in my backyard). Les trois dernières années du 11ème plan quinquennal et tout le 12ème plan quinquennal sont l’âge d’or de l’industrie de l’incinération des déchets. Il existe en Chine plus de 160 incinérateurs de déchets construits ou en construction et plus de 200 incinérateurs à construire au cours du 12ème plan quinquennal, c’est-à-dire que la quantité des incinérateurs de déchets en Chine sera multipliée par deux ou trois dans 4 ans.
Le traitement des déchets constitue un casse-tête pour le gouvernement chinois, parce que chaque année la Chine produit plus de 360 millions de tonnes de déchets, soit un tiers de la quantité mondiale, et ce chiffre ne cesse d’augmenter.
Au cours du 12ème plan quinquennal, la construction des infrastructures de traitement des déchets est une des priorités du gouvernement avec un investissement de 260 milliards de yuans (plus de 30 milliards d’euros), dont plus de 100 milliards de yuans destinés à l’incinération des déchets.
Au sein des services de protection de l’environnement, il existait de vives controverses sur l’incinération des déchets, mais suite à l’Avis encourageant l’incinération des déchets promulgué par le conseil des affaires d’Etat en avril 2011, cette situation a tout à fait changé. Mais, évidemment, à cause de ce choix, les gouvernements à tous les échelons se font attaquer de deux côtés : d’une part, les villes sont en train d’être entourées par des déchets, d’autre part, les habitants s’opposent à leur incinération. De juin 2007 à janvier 2011, il y a eu au moins dix incidents de masses provoqués par le choix des lieux de construction des incinérateurs.
En réalité, la plupart des incinérateurs en Chine ne sont pas construits selon des critères assez sévères et les mesures de contrôles ne sont pas efficaces non plus. Dans ce contexte, il est difficile de maîtriser la pollution qu’ils génèrent. Les prix fonciers et immobiliers en croissance conduisent au fait que les habitants sont plus exigeants sur la qualité de l’environnement, une pollution à la dioxine excessive provoque aussi la panique des citoyens. On estime qu’il est impossible de résoudre les contradictions entre les projets d’incinération des déchets et les habitants situés à proximité, entre les partisans et les opposants.
Selon les experts, afin de réaliser la coexistence harmonieuse entre les incinérateurs et les habitants, la seule issue est d’élaborer des critères stricts, d’effectuer des contrôles transparents et d’accorder des compensations aux populations concernées.



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