La création de la légation est rendue possible par le traité de Pékin (1860), qui met fin à la Seconde Guerre de l’opium (1856-1860), remportée par les Français et les Britanniques contre les Chinois. Elle est établie dans un ancien fou, un ancien palais impérial, cédé par le prince de Kong, régent de l’Empire.
Toits en porcelaine et en tuiles vernies, portail rouge et or majestueusement ornementé, cour d’honneur entièrement dallée de marbre, fresques délicates, bâtiments immenses, salles de réception somptueuses, nombreux pavillons, parcs et jardins composent notamment cette véritable cité dans la ville qu’est alors la légation française de Pékin. Celle-ci abrite les logements de Monsieur de Bourboulon et son épouse et des employés diplomatiques, mais aussi ceux des domestiques, gendarmes, médecin, ainsi que les écurie, lingerie, magasin aux provisions, chapelle, salle de billard, bibliothèque et bien d’autres encore. Mais le véritable trésor de ce lieu est l’enclos des antilopes, qui émerveille Catherine de Bourboulon, l’épouse du ministre de France. En effet, elle déclare :
« Notons enfin la merveille du parc de la légation de France, l’enclos des antilopes Houan-yang ! Le paysage en est très tourmenté ; il contient des rochers, des vallons, des coteaux, des précipices, des forêts habilement ménagés par le décorateur chinois ; c’est un monde en miniature » (Poussielgue, Voyage…).
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- Pékin : légation française – yamoun du secrétaire – dessin de Thérond d’après une photographie, 1864 (Poussielgue, Voyage…)
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- Pékin : enclos aux antilopes, dans le parc de la légation – Dessin de Lancelot d’après une peinture chinoise (Poussielgue, Voyage…)
Les époux Bourboulon quittent définitivement la Chine en 1862. Les documents postérieurs à leur départ concernant la légation française à Pékin sont alors extrêmement rares. Il s’agit surtout de photographies, souvent anonymes. Ainsi, nous disposons de plusieurs clichés présentant des membres du personnel de la légation dans les années 1880 et dans les années 1900 (voir les documents joints). La vie de la légation semble se dérouler sans encombres majeurs avant 1900, date à laquelle elle est assiégée.
De 1899 à 1901 a lieu, en Chine, la révolte des Boxers. Il s’agit d’un mouvement de contestation contre les Etrangers, les réformes et la dynastie Qing au pouvoir, qui se concentre peu à peu uniquement sur les Etrangers. Dans ce cadre, à partir du 20 juin 1900 commencent les « 55 jours de Pékin », c’est-à-dire le siège des légations étrangères de la cité par les Boxers, rejoints par les troupes impériales. Cette attaque se solde par la victoire de la coalition alliée (Autriche-Hongrie, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Etats-Unis) contre la Chine. Après ces combats, ces batailles, cette guerre, les alliés, vainqueurs mais marqués par le conflit, décident de se venger et commettent à leur tour des pillages et massacres de Chinois dans la cité. Quelques cartes postales, mises en valeur par l’Institut des Sciences de l’Homme de Lyon, permettent de voir la légation française au lendemain de ces événements.
Sources : Archives du Ministère des Affaires Etrangères, collections Collin de Plancy et Bonin ; Bibliothèque Nationale de France ; exposition Historical Chinese Postcard Project : 1896-1920, Institut des Sciences de l’Homme de Lyon (http://postcard.ish-lyon.cnrs.fr) ; POUSSIELGUE (Achille), Voyage en Chine et en Mongolie de M. de Bourboulon, ministre de France et de Madame de Bourboulon, 1860-1861, Paris, Hachette, 1866 ; Revue Le Tour du Monde.



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