Monsieur le Premier ministre, Cher François,
Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Secrétaire général de l’OTAN,
Monsieur le Secrétaire général, Haut Représentant de l’Union européenne,
Monsieur le Président de la Fondation pour la recherche stratégique,
Mesdames et Messieurs,
Je veux d’abord remercier Bruno RACINE, d’avoir pris l’initiative de ce colloque. Parce qu’il est étonnant, que l’on soit partisan de l’OTAN, que l’on soit adversaire ou réservé, il y a une chose que l’on devrait avoir en commun, c’est le souci d’éclairer l’opinion et d’en débattre. Qu’est-ce que sont ces responsables politiques qui affirmeraient des convictions, par ailleurs extrêmement légitimes, quelles qu’elles soient, sans débat ? Ce qui est illégitime, c’est de ne pas aller jusqu’au bout de sa logique et de ne pas informer les Français sur la réalité de l’OTAN et la réalité de la participation de la France au sein de l’OTAN. Cela, c’est un point qui doit éclairer tout le monde.
Et ce que j’ai découvert avec le Premier ministre et avec le gouvernement, c’est qu’alors que nous sommes dans l’OTAN, car nous y sommes, il y a bien peu de personnes qui le savent.
Y-a-t-il donc des activités si secrètes qu’on doive s’abstenir d’expliquer aux Français ce que l’on y fait ? On a souvent parlé du mot « rupture », s’il y a bien une rupture, c’est celle de ce Gouvernement, dans la transparence des décisions qu’il assume. J’y reviendrai.
C’est un débat qui doit être mené et donc, Monsieur le Président, vous avez eu raison.
Et puis, vous nous réunissez dans l’amphithéâtre Foch, ce qui est tout un symbole : il fut le premier Commandant en chef des forces alliées européennes et américaines pendant la 1ère guerre mondiale. Le concept d’allié et d’ami ne date pas du début de mon quinquennat. Parfois j’ai le sentiment que c’est tout nouveau. Donc, vous m’avez facilité la tâche dans l’amphithéâtre Foch.
Bruno RACINE a bien présenté les conclusions de votre débat, avec la capacité de synthèse inégalable qui est la sienne et avec la courtoisie – il faut que je traduise – pour dire différence de sensibilités ou violence de confrontation des opinions.
En tant que Chef des armées et donc garant de la défense des intérêts vitaux et de la sécurité de la France, je porte la responsabilité des choix stratégiques de la Nation. Et je voudrais affirmer une première idée, c’est que notre réflexion stratégique ne peut pas rester figée dans un monde où les conditions de notre sécurité ont radicalement changé. Ce n’est insulter personne que de le dire, c’est appeler l’ensemble des responsables à réfléchir. Un concept stratégique n’est pertinent que s’il est adapté à la situation non pas que connaît notre pays, mais qu’il va connaître. Car, non seulement on ne doit pas avoir de retard dans la définition d’un concept stratégique, mais, de préférence, il faut avoir de l’avance.
J’ai souhaité il y a 18 mois, que s’engage un débat lucide, serein et transparent, associant nos responsables politiques et militaires, les parlementaires, les chercheurs. Cela a abouti à un nouveau « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale », 14 ans après celui de 1994 – et il faut rendre ici hommage à Edouard BALLADUR qui en avait alors pris l’initiative.
Il fallait remettre en cause nos certitudes et, plus difficile, nos habitudes. Car j’observe que nous avons des habitudes qui ne correspondent pas forcément à des certitudes et parfois des complaisances. Et, ce n’est pas tout de remettre en cause des certitudes. Ce sont les complaisances et les habitudes qu’il faut remettre en cause et c’est souvent ce qu’il y a de plus difficile en France.






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