Cette réunion s’inscrit dans la suite des travaux lancés par le groupe pilote sur les financements innovants dont le secrétariat permanent est assuré par la France et qui regroupe 59 pays ainsi que les principales ONG et organisations internationales.
En mai 2009, Bernard Kouchner avait proposé de réfléchir à une contribution pour le développement à partir des transactions financières internationales et 12 pays de tous les continents se sont investis dans cet exercice. L’objectif de ce travail était d’étudier la faisabilité technique, juridique et économique de ces mécanismes que les ONG soutiennent depuis longtemps.
Nous avons sollicité un rapport d’expertise international sur la faisabilité technique et juridique de ces mécanismes. Ce rapport "Mondialiser la solidarité : arguments en faveur des contributions financières" qui s’appuie sur de nombreuses auditions menées à New York, Londres, Paris, Bruxelles, Oslo, Brasilia a été remis le 16 juillet dernier.
Il analyse 5 options de financement du développement, et notamment une contribution internationale sur les transactions de change, et une taxe sur l’ensemble des transactions financières, en concluant à leur faisabilité technique, juridique et économique. La faisabilité technique étant démontrée, il nous faut donc maintenant un accord politique.
Cette réunion sera une contribution essentielle en vue du Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à New York le 21 septembre prochain. La France organisera à cette occasion, en partenariat avec le Japon et la Présidence belge de l’Union européenne, un grand événement sur les Financements innovants qui sera l’occasion d’œuvrer en faveur d’une déclaration commune des pays et d’une résolution conjointe à l’Assemblée générale des Nations unies.
Les OMD connaissent un retard préoccupant, tandis que sont apparus de nouveaux besoins financiers liés au changement climatique. Il nous faut donc innover pour trouver des ressources stables pour le développement (OMD) et le défi climatique ; des financements assis sur des activités mondialisées ; des financements offrant une assiette large et qui pourraient via une contribution infinitésimale changer la donne. Aujourd’hui, le volume quotidien des transactions de changes dans le monde est de l’ordre de 3600 milliards de dollars. Cinq centimes prélevés pour 1000 dollars échangés apporteraient plus de 30 milliards par an.
Ces 30 milliards de dollars par an sont à mettre en regard avec les 16 milliards de dollars qui permettraient de scolariser tous les enfants des pays à faibles revenus ou des 28 à 50 milliards de dollars qu’il nous faudra rassembler pour lutter contre les trois grandes pandémies (VIH, palu, tuberculose). Ne pas agir aujourd’hui conduira à des coûts plus élevés pour les générations futures. Et le développement n’est pas un simple coût, mais un investissement dans l’avenir et une des voies de sortie de la crise économique.
La France est attendue à New York, lors du Sommet sur les OMD, pour des engagements forts, et plus encore pour sa Présidence future du G20. Depuis mai 2009, le sujet d’une taxation des transactions financières n’est plus tabou, et nous pouvons nous en féliciter. De nombreuses personnalités ont pris position à ce sujet ; l’Europe, le G20, le FMI, mais aussi les Nations unies en ont discuté. Ce qui semblait impossible est aujourd’hui étudié ou mis en œuvre.
Bernard Kouchner est convaincu que les efforts réalisés pour sauver le système bancaire seront mieux compris par les sociétés civiles et les Pays en développement dès lors que nous mettrons en œuvre collectivement une contribution infime de la part des secteurs ayant le plus largement bénéficié de la mondialisation et joué un rôle majeur dans la crise actuelle.




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