Propos de M. Sarkozy (Pékin, 28 avril 2010)
Je remercie le Président Hu Jintao d’avoir accepté l’invitation à venir en France à l’automne.
J’ai présenté au président les condoléances du peuple français à la suite de la catastrophe du 14 avril dernier en Chine. Voilà deux catastrophes de très grande ampleur en 2 ans pour la Chine. Le peuple chinois peut compter sur la solidarité de la France.
La conviction de la France est qu’il n’y aura pas de croissance et de reprise sans la stabilité du monde et il n’y a pas de stabilité possible dans le monde sans une implication plus forte de la Chine dans la gouvernance mondiale. Nous avons besoin d’une Chine qui exerce toutes ses responsabilités, qui occupe toute sa place dans la gouvernance du XXIème siècle. C’est la raison de ma quatrième visite depuis mon élection en Chine, et je ressens comme un grand honneur pour mon pays cette deuxième visite d’Etat.
Avec le président Hu Jintao, les points de consensus sont très nombreux. Avec la Chine, nous voulons une meilleure régulation des activités financières pour que le monde ne connaisse pas, à nouveau, une nouvelle crise financière. Nous allons donc préparer, très en amont, la Présidence française du G20 qui commencera en novembre prochain, notamment en réfléchissant au nouvel ordre monétaire multipolaire. La conviction de la France, c’est qu’il est parfaitement improductif de s’accuser les uns et les autres et qu’il est beaucoup plus intelligent de préparer les évolutions nécessaires de l’ordre monétaire du XXIème siècle. Nous allons donc réfléchir, travailler ensemble sur cette question, comme sur la question essentielle de la régulation du prix des matières premières.
Nous avons parlé des grandes crises que connaît le monde aujourd’hui, au premier rang desquelles se trouve la question iranienne. La France a fait valoir à ses amis chinois combien la course à l’armement atomique par l’Iran peut nuire à la stabilité du monde. La France partage le même objectif que la Chine, considérant que l’obtention de l’arme nucléaire par un pays comme l’Iran serait un grave problème pour le monde. La Chine souhaite donner toute sa chance au dialogue, la France le comprend. Toute la question sera d’examiner quand l’absence de dialogue constructif doit nous conduire à voter des sanctions, pour favoriser le dialogue constructif. Chacun est convaincu que le moment approche.
Enfin, sur un plan bilatéral, pour terminer, je voudrais dire combien la France se réjouit de la coopération avec la Chine sur le plan nucléaire. Le chantier de l’EPR fonctionne très bien et nous avons proposé l’ouverture de deux nouvelles tranches. En matière aéronautique, nous sommes fiers de participer à la naissance de l’avion chinois et nous allons fortement développer notre collaboration dans de nouveaux domaines.
L’environnement - Jean-Louis Borloo est d’ailleurs très intéressé par l’expérience de la taxe carbone dans trois provinces chinoises -, l’agroalimentaire et la finance seront des domaines prioritaires de développement de nos relations.
Enfin, je voudrais dire combien aux yeux de la France l’organisation par la Chine des Jeux Olympiques a été un succès considérable. Voilà donc qu’il est possible de marier l’identité et la modernité et je ne doute pas que l’Exposition universelle de Shanghai sera un succès exceptionnel.
Comprenez donc que ce voyage était, pour la délégation que je conduis comme pour moi-même, extrêmement important, à quelques mois de la Présidence française du G20 et du G8 et à quelques mois de la visite du président Hu Jintao en France.
Merci, Monsieur le Président.




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